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samedi 14 mai 2016

Trop vieille pour Snapchat

Dans son statut Facebook un matin de vendredi 13, mon bon ami Philippe, un professionnel des technologies et communications intranet de l'entreprise qui m'emploie aussi, a fait un résumé très succinct de l'évolution de nos rapports avec le web, et avec l'ordinateur comme outil de travail.

Phil, qui soit dit en passant anime aussi un blogue santé « geek » très chouette dont je fais la révision (allez voir ça!), se remémorait avoir déjà siégé (jadis, naguère, autrefois...) sur un comité de gestion de changement portant sur l'utilisation de la souris avec les postes informatiques. Vous avez bien lu...

Dans un billet précédent, je vous avais mentionné faire partie de la génération « X » (groupe démographique d'individus nés entre 1960 et 1980). Les rapports face à la technologie et la culture web de ma génération sont très différents par rapport aux « milléniaux » nés entre 1980 et 2000 (pour en savoir plus). Ces derniers, sont plus enclins à adopter rapidement (et à s'en détacher aussi!) les nouvelles applications pour leur téléphone intelligent, alors que les « X » prennent un peu plus leur temps pour les utiliser. Et que dire des « baby boomers »? Loin moi l'idée de faire de l'âgisme, je ne serais pas surprise que la gestion de changement pour l'introduction de la souris sur les postes informatiques de mon ami Phil leur était davantage destinée qu'à leurs collègues plus jeunes.

Vous avez raison, je défonce une porte ouverte avec ces affirmations, mais elles illustrent bien mon propos pour ce billet.

Des statistiques d'utilisation des réseaux sociaux montrent, année après année, une désaffection des milléniaux envers Facebook et Twitter au profit d'autres réseaux sociaux. Thomas Coëffé, rédacteur pour le Blog du Modérateur, en a fait le constat dans un article portant sur une étude de la firme Ipsos en avril 2015.

 Chez les 13-19 ans, selon les chiffres de cette étude, l'utilisation de Facebook est en baisse constante depuis les dernières années, alors que celle d'Instagram et de Twitter est en hausse significative. Mais ce sont surtout les applications de messagerie instantanée (Messenger, Skype, Snapchat) qui semblent gagner en popularité chez cette tranche d'âge. En 2016, une étude de la banque Piper Jaffray, citée via le Blog du Modérateur, indique que Snapchat a même devancé Instagram et Twitter comme préférence d'utilisation.

En fait, on peut déduire de ces statistiques que cette désertion de Facebook, et autres réseaux « classiques », s'est amplifiée à mesure que les parents, grands-parents, mononcles et matantes des milléniaux les ont adoptés. Et où sont-ils allés pour se sauver de l'invasion par les « vieux »? Si dans votre entourage vous avez des ados plus ou moins dégourdis sur les réseaux sociaux, il y a fort à parier qu'ils ont un compte Snapchat.

Oui, mais c'est quoi ça, Snapchat?

Ce qui suit est pour toi, le « X » ou le « Boomer », qui voudrait comprendre un tant soit peu ce que l'ado de ton entourage, collé sur son téléphone, fait avec tous ses égoportraits (selfies) ou autres photos « random » qu'il prend.  En passant, à propos du terme « selfie », vas donc voir ce petit vidéo plutôt crampant; tu reviendras ici après.

Snapchat est une application de messagerie instantanée qui permet à ses utilisateurs d'acheminer principalement des photos et courtes vidéos qui s'autodétruisent au bout de 1 à 10 secondes (au choix de l'expéditeur). Ces photos peuvent être rassemblées dans une « histoire », dont les éléments ont une durée de vie de 24 h. Sa principale caractéristique est d'être éphémère.

Grâce à des filtres, il est possible de modifier les photos (surtout les selfies). Ainsi, vous pouvez vous ajouter couleurs, moustaches, lunettes, et autres accessoires disponibles dans la banque de filtres à votre disposition, ainsi que le fameux « face swap » qui permet littéralement de changer de tête avec d'autre personnes dans une photo. Hilarant, ou terrifiant, c'est selon.
Pour en savoir plus, si tu insistes.

Ce que j'en pense?

Pour que Snapchat en vaille la peine, il faut d'abord que votre réseau potentiel d'abonnés soit aussi des utilisateurs réguliers pour profiter de vos envois. Cela implique donc qu'il vous faut être en mesure d'y accéder et y partager régulièrement du contenu (plusieurs fois par jour?), et que vos abonnés en fassent autant. Ainsi, si vous êtes du genre à accéder à vos autres réseaux sociaux que quelques fois par semaine, il se pourrait donc que vous manquiez plusieurs partages.

Car n'oublions pas que le contenu partagé sur Snapchat est éphémère. Et à moins d'être particulièrement actif, et d'avoir un réseau de contacts qui en fait autant, d'autres applications sont sans conteste plus appropriées.

Fait que laisse donc faire ça, Snapchat pour l'instant. Peut-être t'y adonneras-tu à ta retraite avec toute ta gang de ta résidence, quand tu auras plein de temps à y consacrer. D'ici là, les jeunes l'auront déserté, et nous auront laissé le champ libre. D'ailleurs, il paraît que Periscope et VSCO commencent à être pas mal populaires...

samedi 22 décembre 2012

Marie s’achète un téléphone niaiseux


Bon bien, puisque la fin du monde n’a (manifestement) pas eu lieu, voici la suite de mes aventures. À défaut d’un conte de Noël, je vous propose un conte technologique. Dans l’épisode précédent, je m’étais finalement rangée aux (pas si) subtiles allusions et arguments de mon papa qui, en plus, m’avait donné des sous à Noël pour embrasser la technologie cellulaire.  J’avais donc flanché.

Je dis Noël, mais dans ma famille, nous échangeons nos cadeaux au Jour de l’An. « Quelle importance? », me demanderez-vous. C’est que je me suis présentée dans les boutiques, non pas au Boxing Day, mais plutôt un 2 janvier. J’ai donc entendu maintes fois durant mon périple: « Madame, vous auriez dû venir au Boxing Day, on avait un gros spécial sur ce modèle-là! » ou encore : « Il ne m’en reste plus, je les ai tous vendus la semaine dernière! Mais je peux vous le commander, ça va prendre 1 semaine. »

Euh…non.

Je suis finalement tombée sur un vendeur assez sympathique qui n’a pas levé les yeux au ciel, ou lâché un pas si subtil soupir d’exaspération, lorsque je lui ai mentionné que ce serait mon premier téléphone cellulaire, et surtout, que je n’y connaissais rien.

Je préfère généralement avertir les vendeurs de mon ignorance, que j’exagère parfois, car cela me permet de tester la confiance que je peux leur accorder. S’ils me perdent dans une masse de caractéristiques techniques, sans s’assurer que je comprends ce qu’ils disent, sans s’assurer que ces détails sont essentiels à l’utilisation que j’ai l’intention de faire de l’appareil que je souhaite acheter, je me méfie. Surtout s’ils continuent malgré que je les avertisse gentiment.

« Je vais y penser », que je leur dis alors.

Mais ce vendeur-là n’a pas bronché lorsque je lui ai répondu : «Téléphoner. » La question était : « Qu’avez-vous l’intention de faire avec votre téléphone? » Bon point pour lui. Après s’être toutefois assuré que je n’avais effectivement pas l’intention de naviguer sur Internet, il a alors indiqué qu’on laisserait tomber les téléphones intelligents. « C’est en plein ça, je voudrais un téléphone niaiseux », que je lui dis. Il a ri. Deuxième bon point pour lui.

Je l’ai bien aimé ce téléphone. Je pense même parfois à lui avec nostalgie, comme à un premier amour (Marie, laisse tomber la ponce au gin!). Il tenait bien dans ma petite main, son écran était d’un bon format, son clavier juste assez sensible. Ciel! Que j’en ai passé du temps à texter en appuyant  2, 3, 4 fois sur les touches pour avoir la bonne lettre, et recommencer parce que je me trompais en voulant aller trop vite. Ah! Le temps où ça prenait 2 minutes à texter « Où es-tu? »

Il a fait honorablement son travail, mon téléphone niaiseux. Grâce à lui, j’ai pu avertir mon papa à quelques reprises que je serais en retard, et j’ai même une fois appelé mes parents, et ma meilleure amie pour son anniversaire, du haut d’un mont sur une des Îles-de-la-Madeleine.

J’ai toutefois dû m’en séparer avec tristesse alors que je m’apprêtais à partir à la découverte de Paris avec un ami au printemps 2012. Comme nous n’avions pas l’intention de faire les siamois, et de déambuler chacun de notre côté, il nous fallait un moyen de communication que l’on pouvait utiliser outre-mer. Me voilà donc de retour en boutique pour m’informer si je pouvais amener mon niaiseux avec moi. La vendeuse, tout aussi sympathique que le premier vendeur, fut très empathique à ma douleur lorsqu’elle m’annonça que mon modèle était trop désuet pour l’ajout d’une carte SIM qui me permettrait de communiquer « dans les Europes » sur les réseaux locaux. Soupir!

Je vous rappelle que j’étais à la course, car je devais quitter quelques jours plus tard pour la Ville-Lumière. Il y avait un spécial sur des modèles de l’année d’avant qui n’avaient pas été écoulés lors du Boxing Day (avec raison, je dois avouer…). J’ai donc commis quelques erreurs en raison de ma hâte; je n’ai pas acheté le modèle qui me convenait.

Je n’insisterai jamais assez sur l’importance de prendre son temps lorsque vient le temps de se choisir un appareil mobile. Des détails aussi insignifiants que le confort lorsqu’on tient l’appareil en main s’avèrent primordiaux. J’ai échappé le mien plusieurs fois parce qu’il était juste un peu trop gros pour ma petite main. Une chance que j’avais acheté un protecteur antichoc! À mon retour, je l’ai changé pour un autre modèle. Avec frais, évidemment!

Cela faisait un certain temps que je songeais à changer mon téléphone niaiseux pour un intelligent et à évoluer avec mon temps. J’avoue que je regardais parfois avec envie ceux qui pouvaient chercher directement sur leur téléphone, sans attendre d’être à la maison, des informations sur Internet. Je me suis laissée convaincre de prendre un téléphone intelligent, mais je dois dire maintenant que je ne m’en passerais plus. Internet, courriels, Facebook, meilleur clavier pour les textos, appareil photo potable, et même, meilleure qualité de son en appel. J’aime mon téléphone intelligent autant, sinon plus, que mon niaiseux.
J’ai même d’ailleurs pris un rendez-vous avec une clinique pour me le faire greffer à la main.

mardi 23 octobre 2012

Marie s'achète un téléphone intelligent (1ère partie)


Je l’admets, je suis régulièrement à la dernière minute. La nature de mon travail fait en sorte que qu’il m’est difficile de prendre de l’avance, je me prépare généralement  pour mes cours à l’université la veille, et ma vie est passablement assez occupée pour que je tente de remplir chaque moment libre efficacement. Par miracle, malgré tout, je suis rarement en retard.

S’il existait une discipline olympique de course de dernière minute, j’aurais certainement quelques médailles à mon actif. Mais je m’éloigne… assez de vantardise!

À titre de preuve irréfutable de cette propension, j’ai commencé à faire ma valise le matin même de mon départ lors de mon dernier voyage à Paris. Je dois dire cependant, pour ma défense, que c’était la fin de session universitaire, et que mon dernier examen s’était déroulé le soir précédent, quand même!

Je suis aussi arrivée à la dernière minute à l’aéroport, mais ça, c’est une autre histoire…

Mais ma valise n’est pas la seule chose que j’ai dû faire à la dernière minute en prévision de ce périple. Comme je voyageais avec un ami, et qu’il était convenu qu’à l’occasion nous visiterions chacun de notre côté, il m’apparaissait essentiel d’avoir un moyen de communication entre nous durant notre séjour. Ainsi, environ une semaine avant le grand jour, je me suis demandée si je pouvais utiliser mon téléphone cellulaire là-bas.

Petite histoire du cellulaire de Marie

Un cellulaire, moi? Je vous avouerai que je n’ai pas embrassé rapidement l’idée du téléphone cellulaire. Rappelons-nous que je n’ai pas toujours été une Miss Gadget! Jusqu’à (relativement) tout récemment, je vous aurais juré de toute mon âme que jamais, au grand jamais, je ne posséderais de cellulaire. Dépense inutile, gnagnagna…

En fait, j’étais assez contre l’idée d’être joignable en tout temps, à la merci de ce gadget démoniaque qui met au rancart toute velléité de tranquillité. Et en plus, je les trouve un peu ridicules ceux qui donnent l’impression de converser avec des amis imaginaires en marchant sur la rue, parce que branchés sur leur «mains libres ».

Je crois surtout que je craignais de devenir l’un de ces impolis qui interrompent tout pour répondre à un appel, comme si ce qui attendait au bout de la ligne téléphonique était forcément mieux que ce qui est avec soi dans le moment présent, comme si manquer cet appel, équivalait à manquer l’opportunité d’une vie. Je crois même que la publicité nous a présenté les avantages du téléphone cellulaire dans cette perspective. Bref, pas pour moi.

Vous avez sûrement tous assisté à cette scène dans un restaurant romantique, alors qu’un des deux convives, l’air ennuyé, mange silencieusement, tandis que l’autre semble davantage animé par sa conversation téléphonique. J’en profite pour rappeler qu’il y a un piton «off» sur chaque téléphone. Alors de grâce, servons-nous en ;  le monde n’arrêtera pas de tourner le temps d’un souper, surtout durant une « date »!

C’est mon papa qui m’a un peu forcé la main, il y a trois ans, afin que je me munisse d’un téléphone cellulaire. Je voyage régulièrement entre Montréal et Stoke, un petit village près de Sherbrooke, où habite ma famille. Évidemment, en raison des nombreux travaux et autres aléas de la circulation, il m’arrive parfois d’être retardée, et papa m’a fait comprendre qu’il serait peut-être pratique de le prévenir, au lieu de le faire poireauter au terminus.

Il y a eu aussi la fois où, trop à la dernière minute, j’ai manqué le bus, mais ça, c’est une autre histoire…

Pourquoi Marie a décidé de faire le saut

Il faut dire que la vie a passablement changé depuis que j’ai commencé à effectuer ce trajet. Les retards monstres sur les autoroutes, causés par la congestion routière, étaient plus rares à l’époque, et si votre voiture tombait en panne, plusieurs bons samaritains prenaient le temps de s’arrêter; vous pouviez sans crainte accepter leur offre de vous conduire au garage le plus près. Aujourd’hui, cela semble moins vrai. Est-ce que certaines craintes, réelles ou imaginaires, nous incitent moins à offrir ou accepter de l’aide?

La technologie du cellulaire, dans ces circonstances, s’avère bien pratique. On peut appeler le service de remorquage, ou un ami ou membre de la famille à la rescousse, et ce, sans avoir à compter sur la générosité de parfaits inconnus daignant s’arrêter. Est-ce pour le mieux en nous rendant indépendants et sécurisés, ou est-ce pour le pire en ancrant plus profondément l’individualisme au détriment de l’entraide et du sentiment communautaire? Le jury délibère toujours…

En fait, je crois que le mode de nos vies actuelles a justifié la popularité de ce gadget, a favorisé son développement, a démocratisé sa possession.

Au final, j’ai accepté l’idée de m’acheter un téléphone cellulaire. Encore fallait-il choisir le bon type, le bon modèle, le bon forfait, ouf!

À suivre dans le prochain épisode…