Dans son statut Facebook un matin de vendredi 13, mon bon ami Philippe, un professionnel des technologies et communications intranet de l'entreprise qui m'emploie aussi, a fait un résumé très succinct de l'évolution de nos rapports avec le web, et avec l'ordinateur comme outil de travail.
Phil, qui soit dit en passant anime aussi un blogue santé « geek » très chouette dont je fais la révision (allez voir ça!), se remémorait avoir déjà siégé (jadis, naguère, autrefois...) sur un comité de gestion de changement portant sur l'utilisation de la souris avec les postes informatiques. Vous avez bien lu...
Dans un billet précédent, je vous avais mentionné faire partie de la génération « X » (groupe démographique d'individus nés entre 1960 et 1980). Les rapports face à la technologie et la culture web de ma génération sont très différents par rapport aux « milléniaux » nés entre 1980 et 2000 (pour en savoir plus). Ces derniers, sont plus enclins à adopter rapidement (et à s'en détacher aussi!) les nouvelles applications pour leur téléphone intelligent, alors que les « X » prennent un peu plus leur temps pour les utiliser. Et que dire des « baby boomers »? Loin moi l'idée de faire de l'âgisme, je ne serais pas surprise que la gestion de changement pour l'introduction de la souris sur les postes informatiques de mon ami Phil leur était davantage destinée qu'à leurs collègues plus jeunes.
Vous avez raison, je défonce une porte ouverte avec ces affirmations, mais elles illustrent bien mon propos pour ce billet.
Des statistiques d'utilisation des réseaux sociaux montrent, année après année, une désaffection des milléniaux envers Facebook et Twitter au profit d'autres réseaux sociaux. Thomas Coëffé, rédacteur pour le Blog du Modérateur, en a fait le constat dans un article portant sur une étude de la firme Ipsos en avril 2015.
Chez les 13-19 ans, selon les chiffres de cette étude, l'utilisation de Facebook est en baisse constante depuis les dernières années, alors que celle d'Instagram et de Twitter est en hausse significative. Mais ce sont surtout les applications de messagerie instantanée (Messenger, Skype, Snapchat) qui semblent gagner en popularité chez cette tranche d'âge. En 2016, une étude de la banque Piper Jaffray, citée via le Blog du Modérateur, indique que Snapchat a même devancé Instagram et Twitter comme préférence d'utilisation.
En fait, on peut déduire de ces statistiques que cette désertion de Facebook, et autres réseaux « classiques », s'est amplifiée à mesure que les parents, grands-parents, mononcles et matantes des milléniaux les ont adoptés. Et où sont-ils allés pour se sauver de l'invasion par les « vieux »? Si dans votre entourage vous avez des ados plus ou moins dégourdis sur les réseaux sociaux, il y a fort à parier qu'ils ont un compte Snapchat.
Oui, mais c'est quoi ça, Snapchat?
Ce qui suit est pour toi, le « X » ou le « Boomer », qui voudrait comprendre un tant soit peu ce que l'ado de ton entourage, collé sur son téléphone, fait avec tous ses égoportraits (selfies) ou autres photos « random » qu'il prend. En passant, à propos du terme « selfie », vas donc voir ce petit vidéo plutôt crampant; tu reviendras ici après.
Snapchat est une application de messagerie instantanée qui permet à ses utilisateurs d'acheminer principalement des photos et courtes vidéos qui s'autodétruisent au bout de 1 à 10 secondes (au choix de l'expéditeur). Ces photos peuvent être rassemblées dans une « histoire », dont les éléments ont une durée de vie de 24 h. Sa principale caractéristique est d'être éphémère.
Grâce à des filtres, il est possible de modifier les photos (surtout les selfies). Ainsi, vous pouvez vous ajouter couleurs, moustaches, lunettes, et autres accessoires disponibles dans la banque de filtres à votre disposition, ainsi que le fameux « face swap » qui permet littéralement de changer de tête avec d'autre personnes dans une photo. Hilarant, ou terrifiant, c'est selon.
Pour en savoir plus, si tu insistes.
Ce que j'en pense?
Pour que Snapchat en vaille la peine, il faut d'abord que votre réseau potentiel d'abonnés soit aussi des utilisateurs réguliers pour profiter de vos envois. Cela implique donc qu'il vous faut être en mesure d'y accéder et y partager régulièrement du contenu (plusieurs fois par jour?), et que vos abonnés en fassent autant. Ainsi, si vous êtes du genre à accéder à vos autres réseaux sociaux que quelques fois par semaine, il se pourrait donc que vous manquiez plusieurs partages.
Car n'oublions pas que le contenu partagé sur Snapchat est éphémère. Et à moins d'être particulièrement actif, et d'avoir un réseau de contacts qui en fait autant, d'autres applications sont sans conteste plus appropriées.
Fait que laisse donc faire ça, Snapchat pour l'instant. Peut-être t'y adonneras-tu à ta retraite avec toute ta gang de ta résidence, quand tu auras plein de temps à y consacrer. D'ici là, les jeunes l'auront déserté, et nous auront laissé le champ libre. D'ailleurs, il paraît que Periscope et VSCO commencent à être pas mal populaires...
Curieuse épicurienne, gastronome oecuménique, amoureuse des mots, je suis aussi une technouille qui se soigne, et partage mes aventures (mésaventures) technologiques. Gadgets, médias sociaux, culture Web, partons à l'assaut sans crainte et cessons d'en avoir peur, nous ne somme pas seuls!
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samedi 14 mai 2016
Trop vieille pour Snapchat
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samedi 22 décembre 2012
Marie s’achète un téléphone niaiseux
Bon bien,
puisque la fin du monde n’a (manifestement) pas eu lieu, voici la suite de mes
aventures. À défaut d’un conte de Noël, je vous propose un conte technologique.
Dans l’épisode précédent, je m’étais finalement rangée aux (pas si) subtiles
allusions et arguments de mon papa qui, en plus, m’avait donné des sous à Noël
pour embrasser la technologie cellulaire.
J’avais donc flanché.
Je dis Noël,
mais dans ma famille, nous échangeons nos cadeaux au Jour de l’An. « Quelle
importance? », me demanderez-vous. C’est que je me suis présentée dans les
boutiques, non pas au Boxing Day, mais plutôt un 2 janvier. J’ai donc entendu
maintes fois durant mon périple: « Madame, vous auriez dû venir au Boxing
Day, on avait un gros spécial sur ce modèle-là! » ou encore : « Il ne m’en
reste plus, je les ai tous vendus la semaine dernière! Mais je peux vous le
commander, ça va prendre 1 semaine. »
Euh…non.
Je suis
finalement tombée sur un vendeur assez sympathique qui n’a pas levé les yeux au
ciel, ou lâché un pas si subtil soupir d’exaspération, lorsque je lui ai
mentionné que ce serait mon premier téléphone cellulaire, et surtout, que je
n’y connaissais rien.
Je préfère
généralement avertir les vendeurs de mon ignorance, que j’exagère parfois, car
cela me permet de tester la confiance que je peux leur accorder. S’ils me perdent
dans une masse de caractéristiques techniques, sans s’assurer que je comprends
ce qu’ils disent, sans s’assurer que ces détails sont essentiels à
l’utilisation que j’ai l’intention de faire de l’appareil que je souhaite
acheter, je me méfie. Surtout s’ils continuent malgré que je les avertisse
gentiment.
« Je vais y
penser », que je leur dis alors.
Mais ce
vendeur-là n’a pas bronché lorsque je lui ai répondu : «Téléphoner. » La
question était : « Qu’avez-vous l’intention de faire avec votre téléphone?
» Bon point pour lui. Après s’être toutefois assuré que je n’avais
effectivement pas l’intention de naviguer sur Internet, il a alors indiqué qu’on
laisserait tomber les téléphones intelligents. « C’est en plein ça, je voudrais
un téléphone niaiseux », que je lui dis. Il a ri. Deuxième bon point pour lui.
Je l’ai bien
aimé ce téléphone. Je pense même parfois à lui avec nostalgie, comme à un
premier amour (Marie, laisse tomber la ponce au gin!). Il tenait bien dans ma
petite main, son écran était d’un bon format, son clavier juste assez sensible.
Ciel! Que j’en ai passé du temps à texter en appuyant 2, 3, 4 fois sur les touches pour avoir la
bonne lettre, et recommencer parce que je me trompais en voulant aller trop
vite. Ah! Le temps où ça prenait 2 minutes à texter « Où es-tu? »
Il a fait
honorablement son travail, mon téléphone niaiseux. Grâce à lui, j’ai pu avertir
mon papa à quelques reprises que je serais en retard, et j’ai même une fois appelé
mes parents, et ma meilleure amie pour son anniversaire, du haut d’un mont sur
une des Îles-de-la-Madeleine.
J’ai
toutefois dû m’en séparer avec tristesse alors que je m’apprêtais à partir à la
découverte de Paris avec un ami au printemps 2012. Comme nous n’avions pas l’intention
de faire les siamois, et de déambuler chacun de notre côté, il nous fallait un
moyen de communication que l’on pouvait utiliser outre-mer. Me voilà donc de
retour en boutique pour m’informer si je pouvais amener mon niaiseux avec moi. La
vendeuse, tout aussi sympathique que le premier vendeur, fut très empathique à
ma douleur lorsqu’elle m’annonça que mon modèle était trop désuet pour l’ajout
d’une carte SIM qui me permettrait de communiquer « dans les Europes » sur les
réseaux locaux. Soupir!
Je vous
rappelle que j’étais à la course, car je devais quitter quelques jours plus
tard pour la Ville-Lumière. Il y avait un spécial sur des modèles de l’année d’avant
qui n’avaient pas été écoulés lors du Boxing Day (avec raison, je dois avouer…).
J’ai donc commis quelques erreurs en raison de ma hâte; je n’ai pas acheté le
modèle qui me convenait.
Je n’insisterai
jamais assez sur l’importance de prendre son temps lorsque vient le temps de se
choisir un appareil mobile. Des détails aussi insignifiants que le confort
lorsqu’on tient l’appareil en main s’avèrent primordiaux. J’ai échappé le mien
plusieurs fois parce qu’il était juste un peu trop gros pour ma petite main.
Une chance que j’avais acheté un protecteur antichoc! À mon retour, je l’ai
changé pour un autre modèle. Avec frais, évidemment!
Cela faisait
un certain temps que je songeais à changer mon téléphone niaiseux pour un
intelligent et à évoluer avec mon temps. J’avoue que je regardais parfois avec
envie ceux qui pouvaient chercher directement sur leur téléphone, sans attendre
d’être à la maison, des informations sur Internet. Je me suis laissée
convaincre de prendre un téléphone intelligent, mais je dois dire maintenant
que je ne m’en passerais plus. Internet, courriels, Facebook, meilleur clavier
pour les textos, appareil photo potable, et même, meilleure qualité de son en
appel. J’aime mon téléphone intelligent autant, sinon plus, que mon niaiseux.
J’ai
même d’ailleurs pris un rendez-vous avec une clinique pour me le faire greffer
à la main.
mardi 23 octobre 2012
Marie s'achète un téléphone intelligent (1ère partie)
Je l’admets, je suis régulièrement à la dernière minute. La
nature de mon travail fait en sorte que qu’il m’est difficile de prendre de
l’avance, je me prépare généralement pour mes cours à l’université la veille, et ma
vie est passablement assez occupée pour que je tente de remplir chaque moment
libre efficacement. Par miracle, malgré tout, je suis rarement en retard.
S’il existait une discipline olympique de course de
dernière minute, j’aurais certainement quelques médailles à mon actif. Mais je
m’éloigne… assez de vantardise!
À titre de preuve irréfutable de cette propension, j’ai
commencé à faire ma valise le matin même de mon départ lors de mon dernier
voyage à Paris. Je dois dire cependant, pour ma défense, que c’était la fin de
session universitaire, et que mon dernier examen s’était déroulé le soir
précédent, quand même!
Je suis aussi arrivée à la dernière minute à l’aéroport,
mais ça, c’est une autre histoire…
Mais ma valise n’est pas la seule chose que j’ai dû faire à la
dernière minute en prévision de ce périple. Comme je voyageais avec un ami, et
qu’il était convenu qu’à l’occasion nous visiterions chacun de notre côté, il
m’apparaissait essentiel d’avoir un moyen de communication entre nous durant
notre séjour. Ainsi, environ une semaine avant le grand jour, je me suis demandée
si je pouvais utiliser mon téléphone cellulaire là-bas.
Petite
histoire du cellulaire de Marie
Un cellulaire, moi? Je vous avouerai que je n’ai pas
embrassé rapidement l’idée du téléphone cellulaire. Rappelons-nous que je n’ai
pas toujours été une Miss Gadget! Jusqu’à (relativement) tout récemment, je
vous aurais juré de toute mon âme que jamais, au grand jamais, je ne
posséderais de cellulaire. Dépense inutile, gnagnagna…
En fait, j’étais assez contre l’idée d’être joignable en
tout temps, à la merci de ce gadget démoniaque qui met au rancart toute
velléité de tranquillité. Et en plus, je les trouve un peu ridicules ceux qui
donnent l’impression de converser avec des amis imaginaires en marchant sur la
rue, parce que branchés sur leur «mains libres ».
Je crois surtout que je craignais de devenir l’un de ces
impolis qui interrompent tout pour répondre à un appel, comme si ce qui
attendait au bout de la ligne téléphonique était forcément mieux que ce qui est
avec soi dans le moment présent, comme si manquer cet appel, équivalait à
manquer l’opportunité d’une vie. Je crois même que la publicité nous a présenté
les avantages du téléphone cellulaire dans cette perspective. Bref, pas pour
moi.
Vous avez sûrement tous assisté à cette scène dans un
restaurant romantique, alors qu’un des deux convives, l’air ennuyé, mange
silencieusement, tandis que l’autre semble davantage animé par sa conversation
téléphonique. J’en profite pour rappeler qu’il y a un piton «off» sur chaque téléphone.
Alors de grâce, servons-nous en ; le
monde n’arrêtera pas de tourner le temps d’un souper, surtout durant une « date
»!
C’est mon papa qui m’a un peu forcé la main, il y a trois
ans, afin que je me munisse d’un téléphone cellulaire. Je voyage régulièrement entre
Montréal et Stoke, un petit village près de Sherbrooke, où habite ma famille.
Évidemment, en raison des nombreux travaux et autres aléas de la circulation,
il m’arrive parfois d’être retardée, et papa m’a fait comprendre qu’il serait
peut-être pratique de le prévenir, au lieu de le faire poireauter au terminus.
Il y a eu aussi la fois où, trop à la dernière minute, j’ai
manqué le bus, mais ça, c’est une autre histoire…
Pourquoi
Marie a décidé de faire le saut
Il faut dire que la vie a passablement changé depuis que
j’ai commencé à effectuer ce trajet. Les retards monstres sur les autoroutes,
causés par la congestion routière, étaient plus rares à l’époque, et si votre
voiture tombait en panne, plusieurs bons samaritains prenaient le temps de
s’arrêter; vous pouviez sans crainte accepter leur offre de vous conduire au
garage le plus près. Aujourd’hui, cela semble moins vrai. Est-ce que certaines
craintes, réelles ou imaginaires, nous incitent moins à offrir ou accepter de
l’aide?
La technologie du cellulaire, dans ces circonstances,
s’avère bien pratique. On peut appeler le service de remorquage, ou un ami ou
membre de la famille à la rescousse, et ce, sans avoir à compter sur la
générosité de parfaits inconnus daignant s’arrêter. Est-ce pour le mieux en
nous rendant indépendants et sécurisés, ou est-ce pour le pire en ancrant plus
profondément l’individualisme au détriment de l’entraide et du sentiment
communautaire? Le jury délibère toujours…
En fait, je crois que le mode de nos vies actuelles a
justifié la popularité de ce gadget, a favorisé son développement, a
démocratisé sa possession.
Au final, j’ai accepté l’idée de m’acheter un téléphone
cellulaire. Encore fallait-il choisir le bon type, le bon modèle, le bon
forfait, ouf!
À suivre dans le prochain épisode…
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